On est encore en Indonésie, mais pour notre dernière semaine, on a sauté sur une autre île : Java. La principale raison de notre visite, c’était le mont Bromo. Si vous ne l’avez pas encore compris, on adore les montagnes.
Mais pendant qu’on était à Bali, j’ai reçu un courriel du gouvernement du Canada annonçant que le mont Semeru avait connu une éruption volcanique assez sérieuse. Le hic ? Le Semeru n’est pas loin du Bromo. On a donc suivi la situation de près et, malgré plus de 80 éruptions au cours des trois dernières semaines, la région était toujours considérée sécuritaire pour les visiteurs. On a gardé nos plans, en sachant qu’on pourrait devoir annuler Bromo à tout moment.
On s’est installé à Malang, une ville relativement petite selon les standards asiatiques, remplie de quartiers charmants et de choses à faire. Après notre minuscule chambre d’hôtel à Nusa Penida, on était prêts pour un upgrade — alors on a échangé notre hôtel du centre-ville contre un appartement dans un quartier résidentiel. Meilleure décision: il y avait une piscine, un parc aquatique, un gym, des aires de jeux et — surtout — une laveuse. Et la cerise sur le sundae ? Un piano. Emma était aux anges, et ça lui a pris à peine cinq minutes pour retrouver toute sa confiance.

Notre première journée a été volontairement relax. Le matin, on a fait de l’école, puis l’après-midi au parc et à la piscine, où les enfants se sont fait des amis instantanément. À un moment donné, une famille m’a demandé de prendre une photo avec moi. Apparemment, des gens aussi pâles que moi (ou qui montrent autant de peau, vu que l’Indonésie est majoritairement musulmane) sont une certaine curiosité.
Une fois que les conditions ont été confirmées sécuritaires, on a réservé notre tour au mont Bromo. La plupart des visiteurs y vont pour le lever du soleil, mais les excursions partent de Malang à minuit. Oui, minuit. Aucune chance qu’on fasse ça avec les enfants, surtout Joey. En plus, les commentaires parlaient de foules énormes : plus de 500 jeeps sur une route étroite et très abrupte, avec presque pas de stationnement. Non merci.On a donc opté pour une visite au coucher du soleil. Joey a réservé le tour, et je pensais que ce serait surtout une longue route jusqu’à un point de vue. On est en saison des pluies, la météo annonçait du mauvais temps et, honnêtement, je m’attendais à finir dans un gros nuage. Mes attentes étaient basses… et en plus, je regardais la mauvaise montagne sur toutes les photos. Je n’avais aucune idée de ce à quoi ressemblait vraiment le mont Bromo.
Notre chauffeur est venu nous chercher à 11 h dans un vieux Toyota Land Cruiser — plus vieux que nous tous — et les enfants capotaient. Après environ une heure de route, on s’est arrêtés à une chute. Le sentier était glissant à cause de la pluie, mais ça faisait une belle pause, et la chute était étonnamment jolie.
Ensuite, on est entrés dans le parc national de Bromo–Tengger–Semeru, et là, la jeep a tout de suite fait du sens. Le parc est une immense mer de sable volcanique noir de 10 km de large, entourée de murs de caldeira gigantesques. Les « routes » sont en fait des pistes sablonneuses pleines de trous et de traverses d’eau, bordées de montagnes vertes ondulées presque irréelles. Les nuages entraient et sortaient, mais chaque fois que le paysage se dévoilait, on avait l’impression d’être sur une autre planète.
Notre chauffeur s’est arrêté pour ce qu’il appelait une « randonnée », et c’est là que j’ai vraiment réalisé que le mont Bromo est un volcan très actif — et qu’on allait marcher directement jusqu’au bord de son cratère fumant. À peine sortis de la jeep, on s’est fait encercler par des gens qui offraient des promenades à cheval jusqu’aux marches. C’était plus cher qu’on voulait payer, alors on a décidé de marcher, au grand désespoir d’Edward. Le début était plat, puis ça s’est transformé en montée assez raide — rendue encore plus difficile par l’altitude de 2 000 mètres. Juste au moment où je me préparais mentalement aux plaintes d’Edward, un homme est apparu comme par magie et a offert une balade à cheval aux deux enfants pour cinq dollars. Oui, merci ! Après un long escalier qui semblait interminable, on est arrivés au sommet — et WOW. Regarder directement dans un volcan actif, avec la fumée qui sort et même de la LAVE visible au fond, c’était complètement fou. Les enfants étaient surexcités, et honnêtement, nous aussi.
Quand la météo s’est enfin améliorée, on s’est dirigés vers le point de vue de Penanjakan, à environ 2 700 mètres d’altitude. On a eu droit à un aperçu du panorama célèbre, mais juste quelques secondes avant que les nuages reviennent. On a attendu, eu un autre bref coup d’œil, puis plus rien : mur blanc total. Après une heure, la pluie a commencé, le coucher du soleil était encore à 90 minutes, et l’espoir s’envolait rapidement. On est donc repartis, encore sur un high après une journée incroyablement belle et inattendue. Environ 15 minutes plus tard, j’ai fait l’erreur de regarder la webcam en direct, et évidemment, le ciel était parfaitement dégagé. Tout le panorama était visible. Mais on ne peut pas prédire la météo, alors on a juste ri et laissé ça aller.












Ensuite, c’était au tour de visiter la ville de Malang elle-même. On a visité le village de Jodipan, juste à l’extérieur du centre-ville. Autrefois très pauvre et délabré, le quartier a été transformé par un projet étudiant en véritable explosion de couleurs et d’art urbain. Cette métamorphose a attiré des touristes de partout, améliorant les revenus locaux et motivant les résidents à garder l’endroit propre. D’un côté, les maisons sont peintes de toutes les couleurs imaginables ; de l’autre, tout le quartier est bleu — Kampung Biru Arema.









Le lendemain, on a surpris les enfants avec une journée dans un parc aquatique. On voulait le faire à Bali, mais les prix étaient complètement ridicules. À Java, c’était environ cinq fois moins cher — et tout aussi fun. On s’est vraiment amusés, et les enfants étaient aux anges. On était la seule famille blanche du parc (en fait on n’a pas vu d’autre monde blanc dans toute la région de Malang), alors les demandes de photos continuaient (genre non-stop)!
Conclusion
On a vraiment adoré notre séjour à Java. Le climat plus frais de Malang — à 500 mètres d’altitude — était une pause bienvenue après la chaleur. En montagne, il faisait même froid par moments. Les gens étaient incroyablement gentils (à part quelques petits tannants au parc aquatique qui ont caché les sandales d’Emma et Edward et on ne les a presque pas trouvés). On a aussi fait imprimer plus de matériel scolaire pour Teddy : il a déjà complété le programme de 2e année deux fois. On a aussi acheté du matériel de bricolage pour faire des cartes de Noël. J’ai même osé acheter du brillant, sachant que le dégât ne serait pas chez moi. La séance de bricolage a duré tout l’après-midi, et ensuite, Teddy s’est approché de Joey bien calmement et a dit : « Eille papa, j’ai du brillant sur mon pénis ! » Ahhh, la vie de parents!
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