Kyoto était incroyable. Nos premiers jours au Japon n’ont vraiment pas déçu. On attendait ce voyage avec tellement d’impatience et, honnêtement, il a déjà dépassé nos attentes. Par contre, on voyage pendant la saison des cerisiers en fleurs (sakura), ce qui veut dire que Kyoto était encore plus achalandée que d’habitude. Magnifique? Oui. Paisible? Pas vraiment. Alors on était bien contents de laisser les foules derrière nous pour partir à la campagne pour la semaine suivante. Premier arrêt : Takayama et ses environs.
Le premier soir, les parents ont décidé que c’était le temps de prendre un verre bien mérité. Isabelle avait repéré un endroit avec d’excellentes critiques, surtout pour leurs cocktails au saké. En arrivant, on a découvert un petit bar absolument charmant : minuscule, intime et plein de cachet. On avait l’impression d’avoir trouvé un petit trésor caché. Peu de temps après qu’on se soit assis, ils ont commencé à refuser du monde parce que le bar était plein. On avait clairement choisi le bon moment.
Je dois prendre un instant pour parler du service qu’on a reçu. C’était exceptionnel. Sérieusement, je ne pense pas avoir déjà eu un meilleur service qu’au Japon. Les employés sont incroyablement gentils, ils remarquent les moindres détails et ils ont l’air sincèrement reconnaissants de pouvoir te servir. À un moment donné, tu finis presque par avoir l’impression que c’est toi qui devrais les remercier de te laisser être là.
Le propriétaire était aussi le barman. Les drinks? Complètement fous. On a tous commandé quelque chose de différent pour pouvoir goûter le plus possible. Mais un cocktail a vraiment volé la vedette : le Earl Grey Alex. C’était fait avec du whisky fumé, du rhum brun, de la liqueur Earl Grey, des noix de Grenoble, de la noisette, du lait d’amande et de la muscade fraîche râpée sur le dessus. Je sais, ça sonne bizarre. Mais honnêtement, c’était le meilleur cocktail que j’ai bu de ma vie.


Le lendemain, on a exploré la ville. On s’est promenés au marché du matin en goûtant des spécialités locales : sushi de bœuf Hida, boulettes de riz et plusieurs petites douceurs. Ensuite, on a marché dans le vieux quartier rempli de magnifiques maisons en bois et de petites boutiques pleines de charme. Notre promenade s’est terminée exactement comme toute promenade familiale devrait finir : au parc pour que les enfants dépensent un peu d’énergie… suivi d’un incroyable burger au bœuf Hida.











Takayama est aussi très reconnue pour son saké. En fait, il y a sept brasseries traditionnelles dans le vieux quartier qui produisent du saké depuis plus de 300 ans. Naturellement, mon frère s’est donné comme mission personnelle d’en goûter le plus possible. Une cause très noble, quand même.
Ensuite, Joey et moi sommes partis passer une nuit dans un ryokan pendant que mes parents restaient avec les enfants. C’était la première fois qu’on était séparés d’eux plus que quelques heures, et notre première nuit loin d’eux depuis le début du voyage.
Pour ceux qui ne connaissent pas ça, un ryokan est une auberge japonaise traditionnelle axée sur l’hospitalité, la détente et la cuisine locale. Et wow… ça n’a vraiment pas déçu.
Quand on est arrivés, je dois avouer que je n’étais pas certaine de ce dans quoi on s’était embarqués. De l’extérieur, on aurait dit qu’on arrivait dans une grange. Mais les apparences sont trompeuses. Dès qu’on a mis les pieds sur la propriété, l’accueil était incroyable. On nous a servis du thé et des petites douceurs près d’un feu pendant qu’on faisait notre enregistrement.
Ensuite, ils nous ont montré notre chambre — ou plutôt notre appartement. C’était immense. Et juste la sélection de boissons aurait pu nous durer une semaine : poudre de matcha pour faire du matcha frais, thé, café (même du décaféiné!), eau, bière, jus, thé vert froid, saké et même du saké pétillant.
On a enfilé nos yukata (des robes semblables aux kimonos, mais moins formelles) et on s’est installés dans notre petit salon avec vue sur la rivière et la forêt. Les fenêtres étaient tellement propres que j’étais convaincue qu’elles étaient ouvertes. Le niveau de propreté ici est complètement autre chose. Clairement, ils ne reçoivent pas souvent des familles avec enfants.
Après avoir bu un peu de saké pétillant dans la chambre, on est descendus dans l’aire commune pour goûter d’autres sortes de saké près du feu. On a essayé de faire de l’origami. Joey a tenté de faire une tortue, mais il a abandonné à mi-chemin parce que ça le stressait trop. Disons que le pliage de papier, ce n’est pas pour tout le monde.
Ensuite, c’était le souper. Et wow. On nous a servi un repas de 10 services avec des plats locaux : sanglier, palourdes, tofu, omble de rivière, bœuf Hida, sashimi et plus encore. C’était incroyable. On a basically mangé non-stop pendant deux heures.
Après le souper, c’était le moment d’aller à notre onsen privé. On ne pouvait pas aller dans le bain public parce qu’on a tous les deux des tatouages. Mais avant d’y aller, on nous a dit de repasser par la salle principale pour goûter au saké de bambou — du saké servi dans un tube de bambou chauffé au feu.
L’homme qui le servait était un Japonais de 87 ans qui s’est mis à nous faire des tours de magie. C’était hilarant. On essayait de partir pour notre onsen parce qu’on avait une heure réservée, mais chaque fois qu’on se levait, il disait : « One last trick! ». Et ça s’est répété plusieurs fois.
Finalement, on a réussi à se rendre à l’onsen. Après quelques alternances entre bains chauds et froids, on était plus que prêts pour aller dormir.
Je me suis réveillée tôt le lendemain matin, excitée de profiter de tout ce qu’il y avait dans la chambre. Je me suis préparé un matcha frais et je me suis installée sur la véranda, puis j’ai pris un café à la table chauffante. Le déjeuner était encore un autre repas incroyable, mais définitivement pas à la canadienne. Au lieu de pancakes et d’œufs, on avait du calmar, du sashimi, du riz, de la soupe et plein d’autres choses. Un vrai festin matinal.
Joey et moi sommes partis avec quelques souvenirs sans danger : un peu de saké, quelques produits de toilette et un peu de thé. Rien de trop exagéré.
Mon frère, par contre, y est allé le lendemain et, fidèle à lui-même, il a poussé la chose un peu plus loin. Non seulement il est reparti avec ce que je soupçonne fortement être tout le minibar… mais il a aussi ramené le papier de toilette à la maison.
Oui, il était incroyablement doux. Luxueusement doux, même. Mais une roule complète? Sérieusement?
Ah Martin…
Malheureusement, ça a passé beaucoup trop vite et c’était déjà le temps de partir pour l’activité que j’attendais le plus — et la principale raison pour laquelle on est venus à Takayama : les Alpes japonaises.








On a roulé environ une heure vers le nord pour atteindre la seule télécabine à deux étages du Japon, qui nous a montés à 2 156 mètres dans les montagnes. La météo était parfaite : soleil, ciel bleu et une vue à 360 degrés sur les montagnes autour de nous. Il faisait plus chaud que prévu, mais il restait encore beaucoup de neige. Les enfants ont fait des bonhommes de neige et lancé des balles de neige, complètement excités de voir de la vraie neige. J’aurais pu rester là toute la journée.










Sur le chemin du retour vers Takayama, on s’est séparés. Teddy et moi sommes allés visiter un musée japonais rétro, pendant que Joey partait à l’aventure dans les épiceries japonaises et au Don Quijote, un magasin à rabais très connu. Selon lui, c’était une surcharge sensorielle totale.
Pendant qu’il était à l’épicerie, Joey a repéré le whisky que Martin cherchait depuis qu’on était arrivés au Japon. Apparemment, c’est très difficile à trouver ici (selon mon frère). Joey a donc décidé d’acheter une bouteille pour Martin… et une pour moi en même temps.
En revenant à la chambre, il a fait une petite recherche rapide, juste pour voir à quel point c’était rare… et il a découvert qu’il y avait 43 bouteilles au LCBO près de chez nous.
Donc oui, on a traversé la planète pour acheter un whisky « rare » qu’on aurait pu acheter à cinq minutes de la maison. 🤦🏼♀️
En plus, pendant qu’il était dans l’allée de sauce soya avec Google Translate pour essayer de comprendre les étiquettes, un couple s’est approché pour lui offrir de l’aide. Ils lui ont recommandé une sauce soya pour cuisiner au quotidien et une autre spécialement pour les sushis.
Pendant que Joey parlait avec l’homme, la femme a demandé à Emma quel âge elle avait. Emma lui a répondu fièrement qu’elle allait avoir 10 ans bientôt. Ils sont partis chacun de leur côté, mais quelques minutes plus tard la femme est revenue et a donné à Emma une petite gâterie qu’elle venait d’acheter comme cadeau d’anniversaire d’avance.
Emma est restée bouche bée.
Cette gentillesse, c’est quelque chose qu’on a vécu encore et encore au Japon. Les gens sont tellement gentils et polis. C’est vraiment impressionnant.





Le dernier jour, on hésitait entre visiter Shirakawa-go ou le village folklorique de Hida. Honnêtement, il n’y a pas de mauvais choix. Shirakawa-go est un grand village classé à l’UNESCO, toujours habité et très animé, alors que le village folklorique de Hida (Hida no Sato) est un musée en plein air plus tranquille à Takayama, avec des maisons traditionnelles déplacées sur le site.
Shirakawa-go était à environ une heure dans la direction opposée de notre prochaine destination et, comme on avait déjà plus de deux heures de route à faire, notre famille a décidé d’opter pour la « version échantillon ».
Martin et sa famille ont choisi l’expérience complète UNESCO, donc on s’est séparés pour la journée. Et finalement, les deux options ont été excellentes.











Sur le chemin, on s’est arrêtés dans un autre musée où on a regardé une danse de geisha et, soyons honnêtes… on y est surtout allés pour la glissade de 175 mètres.












Et oui… ça valait absolument la peine.
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