Je dois l’avouer : je suis vraiment contente, en général, de toute la planification qu’on a faite avant de partir. Ce voyage aurait été beaucoup plus stressant et fatiguant si on n’avait rien planifié du tout ou si on avait essayé de rentrer trop d’endroits dans un seul itinéraire. D’une façon ou d’une autre, même après plus de six mois sur la route (ce qui sonne encore un peu fou quand je le dis à voix haute), on aime toujours autant l’aventure et on a sincèrement envie de continuer.
Cela dit, ça a été un peu plus difficile dernièrement pour les enfants, surtout pour Emma. Noël approche, et on ne sera ni à la maison ni avec la famille et ses amis pour fêter, ce qui nous a frappés un peu plus fort que prévu. Ajoutez à ça le fait qu’on a tous attrapé un rhume en même temps, et le moral en a pris un coup. Tout ça nous a rendus particulièrement reconnaissants d’avoir prévu deux arrêts tranquilles en Malaisie, plutôt que la randonnée dans la jungle de Bornéo dont je rêvais au départ. Donc nous voilà à Penang. Plus précisément à George Town, pour une semaine complète à relaxer.
George Town est la capitale de l’île de Penang, juste au large de la côte ouest de la Malaisie. On s’y est rendus en avion, même si, honnêtement, ça aurait probablement été plus rapide en voiture quand on pense aux aéroports et à l’attente. Trop tard maintenant. Heureusement, ça s’est avéré être un excellent arrêt. Le vieux quartier est connu pour son architecture coloniale et sa culture peranakan (des gens nés localement, mais d’origine chinoise), et c’est un endroit génial pour se promener. Maisons-boutiques colorées, Little India, Chinatown, et toujours quelque chose d’intéressant au coin de la rue. Au lieu de faire un résumé jour par jour, voici quelques faits saillants de notre séjour.



Se promener dans George Town et l’art de rue
On a vu pas mal d’art de rue depuis le début du voyage, mais les murales dispersées partout dans George Town — un site du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008 — font clairement partie des plus belles qu’on a vues. Plusieurs intègrent des objets réels, ce qui incite les gens à interagir avec l’œuvre plutôt que de juste prendre une photo et repartir. Explorer la ville ressemblait à une chasse au trésor, et c’était vraiment le fun.





Kek Lok Si
Notre première tentative pour monter à Penang Hill ne s’est pas déroulée comme prévu. La file pour le funiculaire dépassait une heure, et Emma s’est mise à ne pas se sentir bien. Joey l’a ramenée à l’appartement et on a abandonné le plan. Teddy et moi avons décidé d’en profiter autrement et sommes allés visiter Kek Lok Si.
Kek Lok Si est le plus grand temple bouddhiste de Malaisie, et c’est vraiment impressionnant. Temples, pagodes, jardins et super belles vues sur les environs. Teddy et moi avons adoré nous promener sur le site, et c’est devenu notre visite de temple préférée jusqu’à maintenant durant le voyage.




Penang Hill et The Habitat
Quelques jours plus tard, on a donné une deuxième chance à Penang Hill. Le trajet en funiculaire est assez iconique, et être assis à l’avant nous a donné une vue incroyable, en plus de nous rappeler à quel point la montée est abrupte. En haut, on a visité quelques points d’observation avant d’entrer dans The Habitat, un parc de forêt tropicale très paisible avec des passerelles dans la canopée, des sentiers et de la faune.
On a vu de très mignons singes à feuilles sombres, même s’ils étaient trop loin pour de bonnes photos. On a aussi aperçu d’autres singes, des insectes impressionnants et un écureuil géant. Bon, soyons honnêtes : pas tant plus gros que ceux d’Ottawa. Le point fort reste clairement le Curtis Crest Tree Top Walk, qui offre une vue à 360 degrés sur l’île de Penang.




Les Clan Jetties
Le long du front de mer se trouvent les Clan Jetties, des maisons chinoises traditionnelles sur pilotis construites au-dessus de l’eau. Chaque jetée appartient à un clan différent, et on peut marcher sur les passerelles de bois, en passant devant des maisons, de petites boutiques et des autels. C’est un aperçu fascinant d’un mode de vie plus lent et plus traditionnel à Penang.

Manger à travers Penang
Penang est réputée pour sa cuisine de rue, et la réputation est entièrement méritée. Des kiosques de rue aux marchés nocturnes comme le Kimberley Street Food Night Market, il y a toujours quelque chose à manger. Laksa épicée, plats indo-malais, soupes chinoises aux nouilles aux œufs, tout y est. Il y avait aussi de la bouffe japonaise étonnamment bonne. Teddy a commandé exactement le même repas chaque fois : soupe miso, nigiri au saumon et edamame. Pas deux fois. Pas trois fois. Quatre fois en une semaine. Quand ça marche, pas besoin de réinventer la roue.
Par contre, tout n’a pas été un succès. Un soir, j’ai commandé un Duck Koay Teow, fortement recommandé. Ce que j’ai oublié de préciser, c’est que je voulais de la VIANDE de canard. Ce qui est arrivé était moins un repas qu’un inventaire complet du canard : intestins, pattes, tête, cœur, foie… bref, toutes les parties sauf celle que la plupart des gens veulent réellement manger. C’était caoutchouteux, gluant et profondément dérangeant. J’ai pris deux bouchées très courageuses, remis en question mes choix de vie et accepté calmement que c’était un total échec. Leçon retenue.
Et évidemment, on a dû goûter au roi des fruits : le durian. Disons simplement que c’est un goût qui s’apprend… et qu’on n’est pas en train de l’apprendre. Pas pantoute. Évidemment, on a tout filmé pour vous.


Tech Dome Penang
Le Tech Dome Penang est le musée des sciences de la ville, rempli d’expositions interactives sous un même toit. Les enfants se sont éclatés à éviter des lasers, faire flotter des balles avec de l’air et toucher à absolument tout. C’est chaotique de la meilleure façon possible, et étonnamment intéressant aussi pour les adultes.



L’aventure du portefeuille
Aucun voyage n’est complet sans un peu de drame. Un soir, en rentrant à l’appartement, j’ai remarqué que mon sac à main était ouvert. Une vérification rapide a confirmé que mon portefeuille avait disparu. Merde. Honnêtement, je suis presque impressionnée que ça ait pris autant de temps avant que ça arrive. Joey et moi sommes descendus en vitesse pour refaire le trajet entre le point de débarquement du Grab et l’appartement. Rien. Joey est retourné au centre-ville pour vérifier l’endroit où on était assis en attendant le taxi plus tôt. Toujours rien. On a essayé de contacter le chauffeur Grab. Encore rien. Double merde.
Heureusement, je n’avais pas toutes mes cartes dans mon portefeuille, mais remplacer quoi que ce soit en voyageant encore cinq mois aurait été un vrai casse-tête. J’ai tout bloqué en ligne et essayé de rester calme. Par miracle, Joey a finalement réussi à rejoindre le chauffeur Grab le lendemain, qui avait bel et bien mon portefeuille. Après un peu de « négociation », il a accepté de le rapporter. Victoire.
Donc oui, je suis très heureuse de dire qu’on a passé une superbe semaine sur l’île de Penang, qu’on est maintenant complètement remis de nos rhumes (et fraîchement vaccinés contre l’influenza), et que je repars avec mon portefeuille en main.
Penang a tellement plus à offrir que ce qu’on a vu en une semaine. On a à peine effleuré la surface, et c’était volontaire. On a ralenti le rythme, sauté les plages, le parc national, le jardin de papillons, le parc aquatique, et probablement beaucoup plus de bouffe qu’on aurait pu manger. Autant de bonnes raisons d’y revenir un jour.

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