En tant que capitale du Vietnam, j’imaginais Hanoï exactement comme tout le monde la décrit : bruyante, chaotique et remplie de motos. Un endroit où traverser la rue ressemble à une décision de vie ou de mort.
Je ne me trompais pas.
Mais après quelques mois passés en Asie du Sud-Est, on avait finalement maîtrisé l’art de traverser la rue. Le secret? Ne pas courir. Ne pas hésiter. Ne pas faire de contact visuel en espérant que les conducteurs arrêtent ou même ralentissent. Il suffit d’avancer à un rythme constant et prévisible, et de faire confiance au fait que la mer de scooters va miraculeusement contourner ton chemin… et étonnamment, ça fonctionne.
Avant de quitter le Vietnam, il y avait une chose que je devais absolument faire : apprendre à préparer un vrai café vietnamien.
J’étais tombée complètement en amour avec tous leurs cafés:
- Cà Phê Đen (café noir)
- Cà Phê Trứng (café aux œufs)
- Bạc Xỉu (café blanc)
- Cà Phê Dừa (café à la noix de coco)
- Cà Phê Muối (café salé)
Chacun a sa propre personnalité : fort, sucré, crémeux, intense… et je n’étais pas prête à dire au revoir sans savoir comment les recréer à la maison.
J’ai donc réservé un atelier dans un petit café caché dans le Vieux Quartier. Par pur hasard, ça s’est transformé en cours privé. Juste moi, le barista, et une table remplie de lait condensé, de jaunes d’œufs, de crème de coco et de café robusta foncé qui coulait lentement dans un filtre traditionnel phin.
Je me sens maintenant pleinement qualifiée pour ouvrir un petit café vietnamien dans notre cour arrière. Des clients intéressés?






Une autre activité incontournable sur ma liste à Hanoï? Visiter la célèbre Train Street. Vous l’avez probablement vue partout sur les réseaux sociaux : une voie ferrée étroite au milieu des maisons où les trains passent à quelques centimètres des cafés et des habitations. Mais aucune vidéo ne peut vraiment te préparer à la réalité.
On a écrit à un des cafés recommandés à l’avance et ils nous ont gentiment envoyé l’horaire des trains. On a choisi celui de 13 h, qui est un peu moins achalandé. Quand tu arrives, tu commandes un café et tu t’assois juste à côté de la voie ferrée. Au début, ça semble raisonnable. La table est proche… mais pas trop.
Puis, quelques minutes avant l’arrivée du train, tout change. Le personnel commence à replier les tables à une vitesse folle. On nous demande de tourner notre corps de côté et de ne surtout pas bouger. Puis quelqu’un dit joyeusement : « Good luck! »
Bonne chance?!
Un des employés a même regardé Edward avec inquiétude et s’est assis à côté de lui pour s’assurer qu’il reste parfaitement immobile.
Et là, on l’a entendu.
Le grondement au loin.
Le klaxon.
Plus près.
Plus près.
PLUS PRÈS.
Le train était beaucoup plus proche de ce que j’imaginais! Tellement près qu’on aurait presque pu le toucher (ce qu’on n’a évidemment pas fait).
Les enfants ont eu juste assez peur pour que ça devienne un souvenir inoubliable. Moi, j’ai tellement aimé ça que j’y suis retournée une deuxième fois toute seule (ne le dites pas aux enfants).





On a aussi passé des heures à se promener dans le Vieux Quartier, à goûter à la nourriture de rue et à observer la vie quotidienne.
Marcher au Vietnam, ce n’est pas difficile parce qu’il n’y a pas de trottoirs. C’est difficile parce que les trottoirs ne sont pas vraiment faits pour marcher. Les trottoirs servent plutôt à :
- Stationner des motos (surtout ça)
- Boire du thé ou du café assis sur de petits tabourets en plastique
- Grignoter des graines de tournesol
- Installer des vendeurs de rue mobiles
- Couper et laver des légumes
- Et même parfois pour allumer un petit feu afin de brûler du papier cérémonial porte-bonheur
Alors où marchent les piétons? Dans la rue, évidemment. Ce qui veut dire que les motos et les voitures klaxonnent constamment pour signaler leur présence, créant une véritable symphonie de coups de klaxon.
On savait dans quoi on s’embarquait. On s’attendait au chaos. Alors, on l'a adoptée.




Mais si vous demandez à Edward ce qu’il pense du Vietnam, il va vous dire :
« J’aime ça… mais je déteste tout le klaxonnage! »
C’est quand même compréhensible.




Et voilà, notre voyage au Vietnam tire déjà à sa fin. Voici quelques dernières impressions après quatre semaines passées dans ce pays fascinant.
Conduire au Vietnam, c’est toute une expérience. On dirait que c’est soit l’accélérateur au fond, soit le frein brusque. Les conducteurs dépassent de gros autobus dans des virages aveugles et les quasi-collisions frontales semblent faire partie normale du trajet. Notre meilleure stratégie est vite devenue simple : ne pas trop regarder la route devant et faire confiance au chauffeur. Étonnamment, ça finit toujours par fonctionner.
La nourriture, par contre, est sans aucun doute un des grands points forts du pays. Comme l’agriculture fait encore énormément partie de l’économie et du quotidien, les ingrédients sont incroyablement frais. La cuisine est simple, mais délicieuse, et on s’en est régalés tout au long du voyage.
Le Vietnam est considéré comme un pays pauvre, mais on ne l’a pas toujours ressenti ainsi. Oui, plusieurs maisons sont très modestes et le mode de vie est simple. Mais les gens sont bien habillés, beaucoup ont des téléphones, des scooters ou des vélos, et la vie quotidienne est dynamique et animée.
Ce qui nous a surtout marqués, c’est le sens de la communauté. Les gens s’entraident, partagent ce qu’ils ont et vous accueillent presque toujours avec un sourire.
Même après quatre semaines au Vietnam, en ayant surtout exploré le nord du pays, on a l’impression de n’avoir qu'effleurer une petite partie de ses trésors.
On est particulièrement heureux d’avoir changé nos plans pour visiter la région de Ha Giang. Ça a été le point fort de notre voyage. Les paysages sont absolument spectaculaires (oui… encore les montagnes!), mais ce qui a rendu l’expérience vraiment spéciale, c’est la richesse culturelle et la chance de découvrir une autre facette du Vietnam.
Prochaine étape : retrouver ma famille, ce qu’on attend avec impatience après ces mois sur la route. Ça va faire du bien de ralentir un peu, de partager nos histoires de voyage et de passer du temps ensemble avant le dernier chapitre de notre aventure.
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